Archive pour la catégorie '1001 contes'

La Forêt Enchantée

 

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Il était une fois dans un Royaume magique, une forêt enchantée où les animaux, les plantes et les arbres parlaient, marchaient et vivaient en paix.

Un matin, Grand Arbre, le Roi de la forêt enchantée était très inquiet. Il devait célébrer le mariage de Lili la tulipe et de Léon le champignon mais ni les invités, ni les futurs mariés n’étaient là. Où pouvaient-ils donc bien être ?

Grand Arbre décida de partir à leur recherche et s’enfonça dans la forêt.

Soudain il sursauta.  

Il venait d’entendre un appel plaintif : «  Au secours ! Au secours ! ».

Mais je connais cette voix se dit Grand Arbre. On dirait la voix de Dame Coccinelle. Grand Arbre se dirigea alors vers cette voix familière et tomba nez à nez avec Dame Coccinelle qui se tordait de douleur.

- J’ai tellement mal au ventre Grand Arbre, je crois que j’ai été empoisonné par un puceron malade. Regarde là-bas Grand Arbre. Il se trouve au pied du rocher.

Grand Arbre se dirigea alors vers le rocher et ne put que constater. En effet, le puceron semblait bien malade. Au lieu d’être vert il était multicolore ! Que lui était-il donc arrivé ?

A SUIVRE …

Par Marjolaine Marchal© ,  janvier 2010

Histoire idéale pour mettre en scène un spectacle de marionnettes

PLAQUETTE ET TARIFS cliquez → critsurordi.gif

 

Et voici quelques uns des 12 personnages de ce conte féérique

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Publié dans:1001 contes, CONTE : La forêt enchantée |on 13 janvier, 2010 |1 Commentaire »

Colinette la pâquerette est en colère

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Il était une fois, dans la Vallée Fleurie du Royaume Enchanté, une jolie pâquerette nommée Colinette.

Ce matin là, Colinette la pâquerette s’était faite toute belle. Elle avait un rendez-vous galant… Manolito, le gentil coquelicot, lui avait promis une balade sur le Sentier de la Clarté. Colinette attendait ce moment avec impatience. Mais Manolito ne vint pas et Colinette attendit toute la journée. Elle était très déçue, Manolito n’avait pas tenu sa promesse…

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Plus tard,  Manolito débarqua en se tortillant les pétales et, confus, lui dit :

- Je suis désolé Colinette mais…

Colinette, très en colère, ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase et lui coupa la parole :

- Non Manolito, je ne veux pas d’excuses ! C’est beaucoup trop facile !

- Tu ne veux pas savoir ce qui m’est arrivé ?

Au lieu de lui répondre Colinette haussa les pétales, lui tourna le dos et emboîta le pas. Manolito resta planté là, sans comprendre ce qui lui arrivait et se dit :

- Cette petite prétentieuse ne cherche même pas à avoir d’explications. J’aurais pu m’égarer dans le Labyrinthe des Roseaux ! J’aurais pu m’enliser dans le Marécage de l’Ombre ! J’aurais pu aussi me faire attraper par Mysto le sorcier ! Mais rien ! Elle ne veut rien savoir ! Je ne l’intéresse donc pas…

Triste et déçu, Manolito partit rejoindre Barnabé le bleuet et Oscar le tournesol.

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- Tu l’as vexée, lui dit Barnabé, c’est normal c’est une fille.

- Oui, renchérit Oscar, retourne la voir et parle lui Manolito. Votre amitié est trop précieuse pour la gâcher. Et c’est ce que fit Manolito. Mais il eut beau la chercher dans toute la Vallée Fleurie, il ne la trouva pas. 

A SUIVRE …

Par Marjolaine Marchal
©

 

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Choconeige au Pays du Père Noël

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CHOCONEIGE

Chapitre 1

Il était une fois, un petit bonhomme qui n’était ni blanc, ni fait de neige. C’était un bonhomme en chocolat tout noir ! Noir de la tête aux pieds à une exception prêt : ses yeux, des petits yeux ronds et blancs, des yeux en chocolat blanc.

Ce petit bonhomme vivait heureux, au Pays du Chocolat, en compagnie de ses parents qui l’aimaient de tout leur cœur. Mais un jour, cette contrée lointaine fut assaillie par d’horribles et cruels dragons friands de chocolat. Ces derniers les pourchassèrent de jour comme de nuit. Le peuple du Pays du Chocolat tenta de résister mais leurs ennemis avaient une arme redoutable. Une arme qui soufflait des flammes et faisait fondre le chocolat ! Tous les bonhommes de chocolat, y compris les bons parents de notre jeune ami, périrent ainsi, fondus dans les ventres de ces abominables dragons. Enfin, tous sauf un. Ce brave petit bonhomme de chocolat qui réussit à leur échapper, parcourut mille et une contrées, brava mille et un dangers et se retrouva, un beau jour, dans un pays recouvert de neige blanche et parsemé de sapins verts.

Ce jour là, le bonhomme en chocolat était si fatigué qu’il s’assoupit au pied d’un sapin. Lorsqu’il se réveilla, un personnage ventru vêtu de rouge et blanc avec une grande barbe blanche et coiffé d’un bonnet rouge surmonté d’un pompon blanc se tenait devant lui et l’observait avec curiosité.

Choconeige, apeuré s’écria :

- Ne me faites pas de mal, je ne suis qu’un gentil bonhomme en chocolat !

- Ho ho ho ! N’aie pas peur de moi gentil bonhomme, c’est moi le Père Noël !

Et aussitôt,  le Père Noël le questionna sur ce que pouvait bien faire ici un bonhomme en chocolat.  Ce dernier lui raconta alors l’horrible malheur qui s’était abattu sur son peuple. Face à l’immense chagrin du petit bonhomme en chocolat, le Père Noël le prit dans ses bras, le serra très fort et le consola.

- Ho ho ho et comment t’appelles-tu gentil bonhomme ?

- Je n’ai pas de nom Père Noël. Au pays de chocolat, nous n’avons pas de nom. 

- Ho ho ho dans ce cas que dirais-tu si je t’appelais Choconeige ?

Le bonhomme de chocolat ravi de pouvoir porter un aussi joli nom accepta sans hésitation.

- Ho ho ho et maintenant suis-moi, tu as plein de choses à découvrir ! 

Choconeige suivit alors le Père Noël qui décida de l’élever comme s’il était son propre fils.

Chapitre 2

conte de noel père noel

Choconeige s’installa dans le magnifique et immense château de neige du Père Noël. Malheureusement, ce dernier était très occupé. Il devait veiller au bon fonctionnement de son immense usine à jouets et les lutins qui fabriquaient et emballaient les jouets lui causaient bien du souci. Souvent ils préféraient s’amuser plus tôt que de travailler. Si le Père Noël les laissait seuls, il ne serait jamais prêt pour la distribution de Noël. Il n’avait donc que très peu de temps pour s’occuper de Choconeige.

Aussi, pour lui rendre la vie agréable, il lui offrit une multitude de jeux et de jouets tous plus beaux les uns que les autres. Choconeige n’était pas habitué à être aussi gâté et il profita longuement de ce nouveau bonheur. Mais, au bout de quelques temps, il commença à s’ennuyer fermement. Jouer c’était très amusant mais Choconeige avait envie d’apprendre. Il en parla donc au Père Noël qui, après avoir réfléchi un instant, lui dit :

- ho ho ho très bien je vais t’envoyer à l’école des petits bonhommes de neige.

Dès le lendemain, Choconeige prit le chemin de l’école son cartable sur le dos. Il était ravi car, non seulement, il allait apprendre plein de choses mais, en plus, il allait se faire plein de nouveaux camarades. Il quitta donc le Château de neige, longea l’étable où se reposaient les rennes du Père Noël, traversa le village des lutins et arriva bientôt en vue de l’école des petits bonhommes de neige.

Chapitre 3

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Arrivé à l’école Choconeige attendit quelques instants derrière la porte et respira longuement pour se donner du courage. En effet, Choconeige en avait un grand besoin. C’était la première fois qu’il allait à l’école et il ne connaissait personne. Il toqua timidement et entendit maître Bonhomme dire :

- Entrez !

Choconeige rentra dans la salle de classe.

- Bonjour Maître Bonhomme, excusez-moi pour mon retard.

- Bonjour Choconeige. J’accepte tes excuses, lui répondit Maître Bonhomme avec un large sourire. Je t’attendais avec impatience. Assieds-toi ici près de Clémentine.

Choconeige s’assit et sourit à sa voisine de table Clémentine dont les petits yeux ronds et rieurs pétillaient de gentillesse. Clémentine lui rendit son sourire et sortit sa trousse qu’elle posa au milieu de la table prête à partager ses crayons. Maître Bonhomme présenta alors Choconeige à ses nouveaux camarades. 

- Voici Choconeige, un gentil petit bonhomme en chocolat qui habite dorénavant chez le Père Noël. Je vous demande de l’accueillir au sein de notre classe comme vous souhaiteriez, vous-même, être accueilli.

Choconeige sourit et, timidement, dit bonjour à ses nouveaux camarades. La plupart des petits bonhommes lui souhaitèrent chaleureusement la bienvenue. Mais, au fond de la classe, Cactus et Carotin, murmuraient entre eux :

- Tu as vu, il est tout noir ! C’est vraiment affreux ! Je me demande bien pourquoi le Maître l’a accepté à l’école ? chuchota Cactus.

- Tu as raison, c’est une école pour bonhommes de neige pas pour des bonhommes en chocolat, répondit Carotin.

- Tu crois qu’il pourrait être contagieux ? demanda Cactus.

- Ca ne m’étonnerait pas, répondit Cactus.

Le Maître qui avait tout entendu, fâché, ordonna aux deux bonhommes de neige de se taire immédiatement et ajouta :

- Ce que vous êtes en train de dire n’est pas digne de vous. Puisque c’est ainsi vous allez rentrer chez vous immédiatement. Pour les autres sortez vos livres de lecture.

Cactus et Carotin enchantés de savoir qu’ils allaient pouvoir aller s’amuser au lieu de travailler, se levèrent et quittèrent la classe sans se faire prier. Une fois à l’extérieur, ils se jurèrent de tout mettre en œuvre pour que Choconeige quitte l’école et ne revienne jamais.

méchants bonhommes de neige

Chapitre 4

Cactus et Carotin ne rentrèrent pas chez eux et profitèrent de ce temps libre pour se rendre au village des lutins.  Ils avaient entendu parler d’un lutin malfaisant nommé Faustin. Il avait été récemment renvoyé de l’usine par le Père Noël à cause des mauvais tours qu’il faisait aux autres lutins.

- Si quelqu’un peut nous aider à nous débarrasser de Choconeige, c’est bien lui, dit Cactus.

- Oui et je sais où il habite, suis-moi, ajouta Carotin.

Les deux vilains bonhommes de neige se rendirent alors, immédiatement, à l’igloo de Faustin.  Et, lorsque Cactus et Carotin lui parlèrent de leur intention, Faustin comprit aussitôt qu’en étant méchant avec Choconeige il se vengerait du Père Noël. Il accepta donc sans hésitation et marmonna tout en caressant ses longues oreilles pointues :

- Il va voir de quel bois je me chauffe, je ne m’appelle pas Faustin pour rien !

- Très bien, dit Cactus, alors comment fait-on !

- Faites-moi confiance, je vais vous concocter une potion maléfique. Il vous suffira d’en asperger ce… Boconeige… Loconeige…  Roconeige…  Enfin bref… Donnez-moi quelques minutes et je vous la prépare.

Faustin disparu alors au fond de son igloo et jeta les ingrédients nécessaires dans un chaudron qui chauffait sur le feu : 1 pomme de pin, 2 crottes de renne ; 3 poils de barbe du Père Noël ; 4 plumes de pingouin et 5 flocons de neige. Il prit ensuite une énorme cuillère en bois et commença à touiller, touiller et encore touiller jusqu’à ce que la potion maléfique commence à bouillir.

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Chapitre 5

Faustin revint bientôt auprès des deux compères une fiole de potion maléfique pleine à ras bord dans les mains en s’écriant :

- Voilà qui devrait vous aider à ridiculiser votre Loconeige, Boconeige…, enfin bref… votre bonhomme en chocolat ! Après ce tour, je parie qu’il n’aura plus envie de revenir à l’école ! Qui veut porter la fiole ?

- Moi ! s’écria Cactus.

- Non pas lui, moi ! s’écria Carotin.

Et les deux bonhommes de neige commencèrent à se chamailler.

- Et pourquoi ça serait toi ? continua Cactus.

- Et pourquoi ça serait toi ? répliqua Carotin.

- Stop ! intervint alors Faustin. Mettez-vous d’accord ou je garde la potion…

Mais les deux bonhommes de neige continuèrent.

- Et pourquoi ça ne serait pas moi ? dit Carotin.

- Et pourquoi ça ne serait pas moi ? répliqua Cactus.

Faustin, agacé par tant de stupidité, s’exclama alors :

- Très bien, je la garderai donc pour moi…

- Non attends ! s’écria Cactus, c’est d’accord, Carotin la porte jusqu’à l’école et ensuite il me la donne.

Mais, bien sûr, Carotin ne fut pas d’accord :

- Ah non, c’est toi qui la porte jusqu’à l’école et ensuite tu me la donnes ! 

Faustin à bout de patience, trancha alors :

- « 1-lu-tin-2-lu-tins-3-lu-tins-c’est-toi-qui-sur-le-che-min-pren-dra-la-fio-le-dans-les-mains ! »

Et ce fut Cactus qui gagna sous le regard jaloux de Carotin qui, bien évidemment cria à l’injustice ! Mais Faustin ne céda pas et, tout en remettant la fiole à Cactus, dit aux deux vilains bonhommes de neige :

- Il vous faudra verser cette potion maléfique jusqu’à la dernière goutte sur Boconeige, Roconeige… enfin bref. Et faites attention, ne vous en mettez pas sur vous ! Je vous aurai prévenu… Maintenant ouste ! Vous m’avez épuisé, je vais faire une sieste…

Cactus et Carotin s’en allèrent donc et oublièrent très vite leur querelle. Ils ne pensaient plus qu’à une chose : se débarrasser de Choconeige !

Chapitre 6

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Sur le chemin qui menait à l’école Cactus et Carotin furent pris dans une violente tempête de neige. Nos deux compères avançaient tant bien que mal, courbés sous le vent et incapables de voir plus loin que le bout de leur nez. S’ils avaient été raisonnables ils seraient retournés au village pour s’abriter mais, Cactus et Carotin n’étaient pas raisonnables.

De plus, ils étaient beaucoup trop pressés de jouer leur vilain tour à Choconeige pour abandonner si près du but. L’école se trouvait très près maintenant. Aussi, ils continuèrent à avancer, pas après pas, courbés par le vent et aveuglés par la neige qui tourbillonnait.  Mais, tout à coup, nos deux compères s’envolèrent dans les airs et, tels des pantins, en tourbillonnant au cœur d’une tornade qui les avait happé alors qu’ils franchissaient la grille de l’école. Pris de panique Cactus oublia bientôt qu’il tenait la fiole et ouvrit les mains pour s’agripper à Carotin. Aussitôt fait, la fiole s’envola à son tour…

Pendant ce temps, à l’école des bonhommes de neige, tous les petits bonhommes, nez collés aux fenêtres, regardaient la terrible tempête qui sévissait dehors. Choconeige, lui, était ravi et se réjouissait de ce spectacle qu’il voyait pour la première fois de sa vie ! C’était si joli ! Il n’avait qu’une envie, sortir.

Dès que Maître Bonhomme eut tourné le dos, il ouvrit donc la porte et partit à la chasse aux flocons. Heureux, il courait et sautait au milieu des flocons qui lui rappelaient les pépites de chocolat blanc qui tombaient du ciel au Pays du Chocolat. Mais soudain il entendit des cris au lointain. C’était Cactus et Carotin ! Il en était sûr, il avait reconnu leur voix ! Choconeige essaya de les retrouver mais c’était peine perdue, ils étaient bien trop haut dans le ciel pour qu’il puisse les apercevoir… Et comme Choconeige était sage, il regagna le plus rapidement possible la classe pour avertir Maître Bonhomme.

Chapitre 7

Le temps de tout expliqué, la tempête s’était subitement calmée. La classe entière se rua alors dans la cour pour voler au secours de Cactus et de Carotin.

- Cactus ! Carotin ! Où êtes-vous ?

- Cactus ! Carotin ! Répondez-nous ?

C’est alors que les deux compères tombèrent du ciel en plein milieu de la cour tête la première dans la neige et les fesses en l’air.

Maître Bonhomme, Choconeige et tous les petits bonhommes accoururent. Et alors qu’ils s’apprêtaient à les aider à se relever, la fiole tomba du ciel à son tour, rebondit sur les fesses de Cactus puis s’écrasa sur celles de Carotin. La fiole éclata en mille morceaux et aspergea de potion maléfique les deux popotins des deux vilains bonhommes de neige qui de blanc virèrent au noir en une seconde !

- Booh ! Cactus et Carotin ont les fesses noires ! Cactus et Carotin ont les fesses noires ! se moquèrent alors les petits bonhommes de neige.

Les deux compères sortirent la tête de la neige et vérifièrent chez l’autre ce qu’ils craignaient pour eux-mêmes… La potion maléfique s’était retournée contre eux !  Ce qu’ils ne savaient pas, enfin pas encore, c’est que ce n’était que le début. Le mauvais sort de Faustin n’avait pas encore dit son dernier mot…

- Oh regardez ! s’écria un de petits bonhommes, on dirait qu’il leur pousse quelque chose sur les fesses !

Et effectivement, une longue queue poilue rose vif poussait sur leur arrière-train !

- Tu as vu ? C’est vraiment affreux ! dit un des petits bonhommes.

- Tu crois qu’ils pourraient être contagieux ? répondit un autre.

- Cessez de dire des méchancetés et aidez-nous s’il vous plait, supplia alors Cactus en essayant de cacher sa queue.

- Si nous pouvons, nous le ferons, répondit alors Clémentine, mais avant dites-nous ce que vous mijotiez pour en être arrivé là.

Cactus et Carotin se regardèrent, baissèrent leurs yeux et avouèrent toute la vérité. Maître Bonhomme intervint alors.

- C’est bien vous avez eu le courage de tout avouer, mais vous avez oublié quelque chose, quelque chose de très important.

Regardant Choconeige dans les yeux, Cactus et Carotin ajoutèrent alors en cœur :

- Pardon Choconeige, nous avons été méchants et stupides. Nous te présentons nos excuses.

Choconeige accepta leurs excuses et serra les mains que lui tendaient Cactus et Carotin.

- Amis ? dit Choconeige.

- Amis ! répondirent Cactus et Carotin.

Maître bonhomme laissa les petits bonhommes de neige s’amuser dans la cour pour le restant de l’après-midi. Enfin, presque tous… Il confia à Cactus et Carotin un travail très spécial… Il leur demanda de déneiger l’allée de l’école grâce à leur différence qui les rendait dorénavant unique : leur queue !

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Chapitre 8

Cactus et Carotin se mirent à l’ouvrage immédiatement et déblayèrent également le chemin jusqu’aux portes du château. Mais ils ne s’arrêtèrent pas là… Ils se rendirent dans les écuries du château et lustrèrent le traîneau du Père Noël jusqu’à ce qu’il scintille de mille feux. Ensuite, ils s’attaquèrent à l’usine à jouets et la dépoussiérèrent du sol au plafond avant de terminer par la chambre de Choconeige. Ils devaient bien ça à leur nouvel ami…

Faustin, quant à lui, passa au conseil des lutins et se vit confisquer tout son matériel de magie. Ainsi, il ne pourrait plus jamais faire de vilains tours. Quant au Père Noël, il fut très fier de son fiston et organisa une grande fête en son honneur ! Les lutins ravis de pouvoir s’amuser remercièrent le Père Noël en travaillant d’arrache pieds à l’usine à jouets le reste de la saison. Cette année, c’est certain, la hotte du Père Noël devrait être bien remplie…

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FIN

Marjolaine Marchal, déc 2009



Le bonhomme de neige qui voulait bronzer

Le bonhomme de neige

Il était une fois, un gentil bonhomme de neige qui vivait au pays des neiges. Le Bonhomme de neige avait un rêve. Il rêvait de s’allonger sur le sable pour pouvoir bronzer. Il en avait marre d’être tout blanc.

« Un jour je serai aussi marron que mon balai » se disait-il.

Aussi, par un beau matin d’hiver, il décida de quitter le pays des neiges et se mit en route à la recherche du pays du soleil. Il marcha encore et encore jusqu’à épuisement. Puis tout à coup il aperçut un bel igloo. Il frappa à la porte espérant y trouver un lit douillet pour passer la nuit : Toc, toc, toc !

- Qui est là ? demanda une petite voix.

- C’est moi le bonhomme de neige ! répondit-il.

- Et que puis-je faire pour toi bonhomme de neige ?

- Je souhaiterais pouvoir dormir cette nuit dans ton igloo si cela ne te dérange pas.

La porte s’ouvrit. C’était Joe le Manchot. Heureux d’avoir de la visite, il l’invita à rentrer. Ils discutèrent longuement et le bonhomme de neige confia à Joe son désir de rejoindre le pays du soleil.

- Je veux devenir aussi marron que mon balai ! lui dit-il fièrement.

Mais Joe le manchot au lieu de l’encourager, essaya de le décourager.

Joe le manchot

- Ne vois-tu pas le danger que tu cours gentil bonhomme de neige ?

- Moi courir un danger ? Mais quel danger ? N’ai-je donc pas le droit d’être bronzé ?

- Mais tu es fait de neige et la neige… Eh bien la neige fond au soleil.

- Comment ça la neige fond au soleil ? ? Tiens touche ma grosse bedaine.

Joe toucha de son aile la grosse bedaine du bonhomme de neige.

- Alors ? Ne penses-tu pas que je sois suffisamment fort pour résister à la chaleur du soleil ?

Joe ne répondit pas tout de suite. Il réfléchissait… Comment faire comprendre au bonhomme de neige que la neige aussi dure soit-elle ne résistera pas… Bientôt il eut une idée !

A SUIVRE ….

Par Marjolaine Marchal
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Angélo et le platane maléfique

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Merci à Laétitia, la maman d’Angelo pour ce magnifique montage ! Cliquez sur son oeuvre pour visiter son site

Chapitre 1

L’histoire que je vais te raconter est une histoire qui fait peur …

Elle s’est passée au cœur d’un village de Sologne, un petit village entouré d’immenses champs de maïs, de pommes de terre et de betteraves, un tout petit village perdu en pleine campagne et qui se nomme Sigloy.

C’était il y a très longtemps, au temps où les mange-disques remplaçaient les chaines hifis, au temps où les téléphones portables n’existaient pas encore, au temps où tes parents étaient de petits enfants.

Dans ce village, il y avait une petite école et dans la cour de cette petite école poussait un grand arbre. C’était un bel arbre, un platane si je me rappelle bien. Et ce platane aimait beaucoup les enfants et les enfants le lui rendaient bien. Tous les jours, pendant la récréation, soit ils formaient une ronde autour de son tronc et lui chantaient de jolies chansons, soit ils s’asseyaient contre son écorce et lui racontaient leurs secrets.

Mais un jour d’automne, la veille d’Halloween, une méchante sorcière, sans doute jalouse de l’amitié qu’entretenaient le grand arbre et les petits enfants, jeta un sort au platane !

Dorénavant, chaque nuit, lorsque minuit sonnerait le platane se transformerait en arbre maléfique et sèmerait la terreur dans le petit village jusqu’à ce que le soleil se lève …

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. A suivre…

Par Marjolaine Marchal, Octobre 2008©

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Sarapion le mousseron est amoureux

Pour ceux qui veulent me soutenir, ce conte et d’autres sont disponibles en livret, coloriages et marionnettes à fabriquer pour raconter l’histoire.  

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Clique sur les champignons écrits en orange dans le texte ci-dessous pour les découvrir dans la réalité…

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Il était une fois, sur la colline des champignons, un mousseron tout jaune qui s’appelait Sarapion. Sarapion aimait de tout son cœur Lilith l’amanite Panthère. Il la trouvait très séduisante avec son teint farineux parsemé de grains de beauté. Mais Sarapion avait les yeux si bridés qu’il n’y voyait pratiquement rien.

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Lilith n’aimait pas Sarapion. Lilith était amoureuse de Bouche ; Bouche l’amanite tue-mouche. Cet odieux champignon, coiffé d’un béret rouge à pois blancs, qui passait son temps à gober les mouches. Il les ingurgitait en une bouchée puis reprenait son souffle et rotait.  Mais Bouche n’était pas amoureux de Lilith. Bouche n’aimait personne ; personne à l’exception d’un seul champignon ; lui-même.

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Sarapion avait un très bon ami qui s’appelait Chico ; Chico le psilo. Chico se tenait sur un pied très mince et élancé et ses yeux ronds pétillaient de malice. Il portait un bonnet de lutin surmonté d’un grelot qui sonnait lorsqu’il avait une idée. Chico était désespéré de voir son ami Sarapion s’amouracher de Lilith. Elle le ferait beaucoup souffrir, il le savait.

~

Et puis, un jour, par un beau matin ensoleillé, le grelot de Chico se mit à tintinnabuler.  Chico venait d’avoir une idée géniale ! Il allait présenter à Sarapion la belle Maribelle. Maribelle était une coulemelle si timide qu’elle cachait son joli petit minois et ses yeux noisette derrière son chapeau de paille.

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Maribelle n’avait pas encore trouvé le champignon de ses rêves, loin de là…. Elle n’avait jamais eu beaucoup de chance avec les champignons. Elle était tombée sous le charme de Momo la morille. Mais Momo ne pensait qu’à une chose : jouer avec son copain le coprin chevelu et traîner avec la bande des champignons de Paris. Un jour, il prit la clé des champs et la laissa mijoter longtemps, très longtemps. Maribelle s’était ensuite amouracher de Zoltan, une langue de boeuf qui ne cessait de mentir. Le monde de rêve de Maribelle s’était écroulé du jour au lendemain lorsqu’elle regarda la vérité en face.

Mais cette fois ci, ce serait différent. Chico connaissait bien Sarapion et savait que c’était un bon champignon, un champignon avec un grand C. Il se disait qu’il ne pourrait rester insensible au charme de Maribelle. Et ce qui devait arriver, arriva. Ils se rencontrèrent….

Après les présentations, Chico s’éclipsa et les laissa faire connaissance. Mais Sarapion était pressé de rejoindre Lilith. Aussi, ils échangèrent quelques banalités puis, s’excusant poliment, il serra le pied Maribelle et s’en alla. Lorsque Chico revint, il trouva Maribelle en train de pleurer comme des pleurotes. Il la consola et commença à gamberger…

Quelque temps après, le grelot de Chico tintinnabula à nouveau. Il avait une nouvelle idée… Il alla trouver Satanas le bolet. Satanas était un magicien gros comme une citrouille coiffé d’un chapeau melon blanc. Satanas n’était pas méchant mais son regard noir faisait fuir ceux qui ne le connaissaient pas.

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- Que puis-je pour toi Chico ? demanda Satanas.

- Je voudrais que mon ami Sarapion ouvre enfin les yeux, lui répondit Chico.

- Qu’il ouvre les yeux ? Mais sur quoi ?

- Sur l’amour…

Satanas se mit alors à souffler très fort et devint tout bleu. Deux petites perles blanches sortirent alors de son chapeau. Deux perles qui se détachèrent et se mirent à flotter dans les airs. On aurait dit deux minuscules planètes en apesanteur.

- Lorsque ton ami dormira, dépose ces perles sur ses yeux et récite cette formule magique: Lycoperdon perlatum ! Que ces perles ouvrent tes yeux, que ces perles ouvrent ton cœur !

Chico remercia Satanas et, confiant, partit retrouver son ami. A la nuit tombée, Chico s’assura que Sarapion dormait profondément. Puis, sans un bruit, il déposa les perles sur ses yeux et chuchota la formule magique :

- Lycoperdon perlatum! Que ces perles ouvrent tes yeux, que ces perles ouvrent ton cœur!

Mais rien ne se passa. Il récita à nouveau la formule magique. Mais toujours rien… Il la récita encore et encore, mais Sarapion dormait toujours. La formule magique n’avait pas agit. Chico était très malheureux car il avait échoué.

~

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Bientôt, le soleil se leva sur la colline des champignons et Sarapion entrouvrit les yeux. C’est alors que les perles blanches éclatèrent, pulvérisant la poudre magique sur les yeux de Sarapion. Sarapion ouvrit alors grand les yeux et se tourna ver Lilith. Et là, il poussa un cri d’horreur. Il voyait Lilith pour la première fois telle qu’elle était réellement : Vénéneuse ! Ce n’est pas de magnifiques grains de beauté dont elle était couverte mais d’affreuses verrues gorgées de poison !

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Maribelle et Chico alertés par le cri de Sarapion accoururent. Maribelle courut si vite qu’elle en perdit même son chapeau. Sarapion le ramassa et le lui tendit en effleurant son pied. Maribelle rougit puis se recoiffa. Sarapion n’en revenait pas. Qu’elle était jolie ! Comment avait-il fait pour ne pas s’en apercevoir plus tôt ! Et devine ce qui arriva !

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Sarapion passa la bague au pied de Maribelle et Chico fut le témoin du mariage célébré par Satanas. Quelque temps après, deux petits champignons naquirent. Ils les prénommèrent Mousserelle et Sipion. Quant à Lilith elle continua à empoisonner la vie de Bouche. Et Bouche continua à gober les mouches. Mais ça c’est une autre histoire…

FIN

Par Marjolaine Marchal, mai 2003©

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 Et bravo à Odette pour ces jolis champipis en crochet ! »

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Le rouge gorge et le volcan

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Il était une fois, dans la vallée des volcans, un rouge gorge qui se nommait Victor.  Victor était un bel oiseau qui partageait les branches d’un arbre avec trois autres oiseaux. 

Une pie qui ne cessait de jacasser. Elle adorait se moquer des autres mais détestait qu’on se moque d’elle.

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Un corbeau qui se trouvait si brillant, si beau et si fort qu’il passait son temps à croasser fièrement.

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Et enfin, une magnifique hirondelle qui se pâmait d’admiration pour le séduisant rouge gorge.

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Victor l’avait bien remarqué mais il avait une autre priorité. Il devait prouver à la pie et au corbeau qu’il était fort et courageux ! 

˜

Un jour, le corbeau mit au défi Victor de voler au dessus d’Alban le volcan. La pie approuva et se moqua de lui, certaine qu’il n’était pas assez fort pour réaliser un tel exploit. Elle paria même toutes les cerises qu’elle avait chapardées dans la journée. Quant à l’hirondelle, elle le supplia : 

-  Non Victor ! N’y va pas ! C’est beaucoup trop dangereux… 

Mais Victor ne l’écouta pas. Il était fort et courageux et n’avait peur de rien ! Il releva donc le défi et s’élança dans les airs en direction d’Alban le volcan.

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Alban était un volcan paresseux et gourmand. Il passait son temps soit à dormir, soit à manger. Il se nourrissait d’oiseaux et grillait en plein vol les imprudents qui s’étaient risqués à le survoler. Il les avalait sans même les mâcher !

Mais, ce jour là, Alban était malade. Et lorsque Victor arriva au dessus de sa grande gueule béante, Alban le Volcan éternua. Il éternua si fort que Victor, aveuglé par le nuage de cendres, fut incapable de maîtriser son vol et dégringola dans la gorge profonde d’Alban. 

Lorsque Victor retrouva ses esprits il cria :

- Au secours ! A l’aide !

Mais personne ne l’entendit, pas même Alban qui n’avait ouvert qu’un œil et s’était aussitôt rendormi. Une fois remis sur pattes Victor s’ébouriffa et, apeuré, regarda autour de lui. Le ventre d’Alban était jonché de pierres et de rochers aussi noirs que du charbon. Et de part et d’autres, quelques flaques jaunâtres fumaient. 

-  Que n’ai-je écouté l’hirondelle ! Comment vais-je faire maintenant pour sortir de là ? Je suis paralysé par la peur et c’est beaucoup trop haut pour moi qui suis si petit ! Alban va me manger ! Le corbeau avait raison, je ne suis pas courageux… 

Mais Victor ne se laissa pas abattre. Il respira profondément et commença à donner des coups de bec dans le ventre d’Alban qui dormait toujours. Au bout de quelques minutes le volcan se réveilla dans une colère noire.  

- Qui ose me réveiller ? ! éructa-t-il en libérant de ses entrailles une haleine qui sentait le soufre. 

A suivre …

Par Marjolaine Marchal
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Fantin le dauphin s’en va-t-en guerre

 

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Clique sur les personnages écrits en bleu dans le conte pour les découvrir dans la réalité ! (Il semblerait qu’avec Internet Explorer les liens ne fonctionnent pas, je vous invite donc à le faire avec Firefox)

Chapitre 1

Il était une fois, dans l’océan des Sortilèges, un lagon paradisiaque nommé Aquarius. Ce paisible endroit pullulait de plancton dont se nourrissaient les mollusques, crustacés

et autres habitants. Tous vivaient en harmonie sur ces récifs qui foisonnaient d’algues, de coraux et d’anémones tous aussi curieux et colorés les uns que les autres et où les gorgones s’ouvraient comme des éventails. Dans cet endroit, les étoiles de mer étaient toujours prêtes à donner un coup main. Les crabes étaient courtois et n’arrêtaient pas de se serrer la pince. Les homards taquinaient les langoustes et les langoustes aimaient ça. Les crevettes passaient leurs soirées à s’amuser avec les bigorneaux, les bulots et les palourdes autour d’un cocktail de plancton qui, paraît-il, était divin. La soirée terminée, grisés, tous rentraient à dos de tortues pour éviter de se faire pincer par les radars des crabes qui surveillaient la circulation.  La vie à Aquarius se déroulait ainsi, dans la paix, la bonne humeur et en toute sécurité.

Mais un jour, des algues tueuses envahirent Aquarius. Ces algues, appelées caulerpes, parcouraient l’océan des sortilèges à la recherche de plancton. C’était la seule nourriture qui calmait leur appétit insatiable et leur permettait de proliférer. Elles n’avaient que faire des peuples qu’elles affamaient et qu’elles décimaient. Les caulerpes ne pensaient qu’à une chose : Devenir encore plus puissante !

Chapitre 2

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La respectée Présidente d’Aquarius, Ségolène la baleine bleue, convoqua immédiatement son état major. Ensemble, ils devaient absolument trouver le moyen d’éradiquer ce fléau ou, d’ici quelque temps, le peuple d’Aquarius mourrait de faim…

L’amiral Narval brandit son épée et proposa de les exterminer sans faire de quartier. Le lieutenant de vaisseau Cachalot fit grincer ses longues dents pointues et arque bouta son dos bossu. Il suggéra de les écraser puis de les couper en petits morceaux. Mais ces solutions ne convainquirent pas la pacifiste Ségolène. C’est alors qu’un jeune fantassin, prénommé Fantin le dauphin, intervint :

-   Excusez-moi mais j’ai peut-être une solution…

-   Dis nous Fantin, nous t’écoutons, lui répondit Ségolène.

-   Je pense que nous devrions nous mettre à la recherche de la ceinture de Vénus.

Il expliqua alors que cette ceinture magique rendait bienveillant quiconque elle entourait. Malheureusement, La belle Vénus, reine des sirènes, avait été enlevée par une bande de mérous armés jusqu’aux dents sur l’ordre de Chimène la murène. Elle se trouvait dorénavant prisonnière dans l’Abysse de la haine.

-   Très bien. Nous irons libérer Vénus, décida Ségolène. Messieurs, qui de vous accepte cette périlleuse mission ? 

Mais l’amiral Narval rangea son épée et le lieutenant de vaisseau Cachalot rentra sa bosse. Chimène la murène était une adversaire redoutable, ils le savaient. Ils n’avaient pas envie de faire ce que quelqu’un d’autre pourrait faire à leur place…

-   Moi je suis d’accord, s’écria alors le jeune fantassin en remuant énergiquement ses petites nageoires grises.

-   Très bien Fantin, répondit Ségolène, je te fais confiance. Mais fais bien attention à toi, Aquarius compte sur toi ! 

 

Et c’est ainsi que Fantin le dauphin fut chargé par la Ségolène la baleine de ramener la ceinture de Vénus.

Chapitre 3

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Sa première mission était de rejoindre l’Archipel de la paix et de trouver Ninette la mouette qui nichait sur l’Ile aux oiseaux. Il aurait besoin de son aide car elle seule connaissait les courants qui menaient à l’Abysse de la haine. Fantin plongea et nagea de longues, très longues heures dans l’océan des sortilèges.

Bientôt, il arriva sur un récif qui fit frissonner ses nageoires.  Le corail était déchiqueté et les algues décharnées tombaient en lambeaux. Des coquilles vides, des pinces brisées et des antennes tordues jonchaient les fonds sablonneux. Fantin ne croisa qu’un seul être vivant. Une vieille étoile de mer qui boitait en se traînant sur les trois bras qui lui restaient.

-   Mais que s’est-il passé ? lui demanda Fantin.

-   Vulkin le requin tapis barbu a déclaré la guerre à l’Archipel de la paix. Nous avons bien essayé de résister mais face à son armée de kamikazes, nous n’avions guère de chance. Leurs poissons torpilles ont annihilés nos oursins porte-lance envoyés en première ligne. La troupe des hippocampes est tombée dans les bras des poulpes et nos poissons épées furent décimés par les missiles de leurs poissons pilotes. Ils ont tout simplement exterminé tout ce qui se trouvait sur leur passage… Les plus chanceux ont été faits prisonniers et qui sait où ils peuvent être en ce moment…

-   Mais pourquoi ? Je ne comprends pas ! S’exclama Fantin.

-   Pourquoi ? Simplement parce que nous avons récemment découvert, sous les récifs de l’archipel, des dollars des sables. Ils voulaient s’en emparer…

-   Je comprends, dit Fantin, certains requins ont les dents longues…

-   Très longues et très tranchantes, répondit la vieille étoile de mer en brandissant ses moignons.

-   Ne t’inquiète pas, je vais trouver le moyen de soigner tes blessures. Il doit bien y avoir des survivants quelque part ?

-   En effet, je crois qu’ils se sont cachés près de l’Ile aux oiseaux.

-   C’est justement là où je dois me rendre. Viens je t’emmène. 

Et d’un coup de museau Fantin poussa la vieille étoile de mer sur son dos. Elle s’agrippa tant bien que mal et, tous deux, se mirent en route.

Chapitre 4

Après quelques heures de voyage, l’Archipel de la Paix se dessina à l’horizon. Une brigade d’uranoscopes coiffés d’un képi faisait la circulation et orientait les rescapés. Ces derniers arrivaient par centaines ! Un rouget dont la barbichette avait été arrachée précédait une sardine qui perdait ses écailles. Un petit éperlan arc-en-ciel, sans doute épuisé par les kilomètres qu’il avait parcouru, essayait tant bien que mal d’avancer. Une gentille daurade compatissante le chargea alors sur son dos. Une lotte dodue qui se traînait sur le fond se retrouva coincée entre deux rochers et se mit à paniquer. Fantin tenta de la pousser sous les encouragements de la vieille étoile de mer. Mais tous ses efforts furent vains. C’est alors qu’un poisson perroquet au front protubérant et à la mâchoire saillante arriva à la rescousse. Il se mit à croquer la roche à pleine dent. La roche céda et tomba en poussière. La lotte, délivrée, remua son énorme tête plate en signe de reconnaissance et continua son chemin. Fantin rencontra, un peu plus loin, une jolie petite raie qui nagea à ses côtés. Elle lui raconta l’effroyable mésaventure qu’elle venait de vivre. Elle s’était fait coincer par une bande de maquereaux qui profitaient de la guerre pour piller les fonds marins. Ils avaient tentés de lui couper ses ailes mais elle avait brandit son dard.  Pris de panique, ils s’étaient enfuis.

Puis bientôt, nos amis arrivèrent aux portes de l’Ile aux oiseaux. Fantin aida la vieille étoile de mer à grimper sur les ailes de la petite raie. Un aimable uranoscope leur indiqua le chemin de l’hôpital de l’étoile rouge où les poissons chirurgiens opéraient à tour de bras. Quant à Fantin, il se mit aussitôt en quête de Ninette la mouette.

-   Ninette ! Ninette ! Où es-tu ? J’ai besoin de toi ! 

Mais il n’eut aucune réponse. Il recommença encore plus fort.

-   Ninette ! Où es-tu ? C’est moi Fantin ! 

C’est alors qu’il la vit voler vers lui. Elle se posa alors sur son melon situé entre ses deux yeux, comme à son habitude.

-   Fantin ? Ca me fait très plaisir de te voir, mais que fais-tu ici ?

-   J’ai besoin de ton aide. Je dois me rendre dans l’Abysse de la haine.

Et Fantin raconta la périlleuse mission que lui avait confiée la Présidente d’Aquarius.

-   Très bien, je peux t’y conduire. Mais je dois te prévenir, c’est très dangereux pour toi.  Tu devras traverser le Golf des sables où se trouve le repère de Vulkin le requin et de ses kamikazes.

-   Je n’ai pas le choix Ninette. La survie d’Aquarius en dépend.

-   Je te reconnais bien là Fantin. Aussi courageux que téméraire ! Allez, allons-y ! Nous n’avons pas de temps à perdre. 

Ninette s’envola et Fantin la suivit. Lorsque la nuit tomba, elle se posa bien confortablement sur le melon de son ami et s’endormit. Fantin, lui, continua à nager, nager, encore nager.

Chapitre 5

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Au petit matin, ils atteignirent le Golf des sables. Ce dernier fourmillait daraignées de mer. Ninette eut à peine le temps de prendre son envol que les araignées s’étaient déjà jetées sur Fantin.  Heureusement, leurs pinces n’étaient pas assez puissantes pour l’inquiéter. Il leur fila entre les pattes et se retrouva face à un sable blanc parsemé de dollars des sables. Il continua de nager et se retrouva bientôt face à un champ de méduses bleues gonflées de venin. Il y en avait des centaines, peut être des milliers. Fantin eut très peur mais se ressaisit. Il savait qu’il ne devait pas les toucher, ni même les frôler ou ces méduses exploseraient et lui avec. Il était téméraire, certes, mais il n’était pas inconscient. Nager au travers des méduses était beaucoup trop risqué.

Il remonta à la surface et retrouva Ninette qui commençait à s’inquiéter. Ensemble, ils réfléchirent et trouvèrent une solution. Fantin recula, prit de l’élan et fonça droit sur les méduses. Mais, juste avant de les percuter, il bondit hors de l’eau et s’éleva au-dessus des vagues. Lorsqu’il replongea, le champ de méduses était loin derrière lui et il était sain et sauf. Ninette n’en revenait pas, elle ne l’avait jamais vu sauter aussi haut et aussi loin !

Fantin était fier. Il avait échappé aux araignées et aux méduses mais il devait rester très vigilant. Vulkin le requin et ses kamikazes devaient être dans les parages. Il continua à nager mais ne rencontra âme qui vive. Le Golf des sables était désertique. Bientôt, il se retrouva dans les courants qui menaient tout droit à l’Abysse de la haine. Il se laissa glisser tandis que Ninette partit en éclaireur.

Chapitre 6

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Au bout de quelques heures de vol, Ninette aperçut une colonie de fous de Bassan. Ils étaient nichés au sommet d’une falaise qui tombait à pic dans l’océan des sortilèges. Ravis d’avoir de la visite, ils l’invitèrent à partager leur repas. De beaux mérous fraîchement pêchés ! Intriguée, Ninette en profita pour questionner Abou leur chef.

-   Y a-t-il beaucoup de mérous dans le coin ?

-   Ah que oui, ça pullule !

-   Et où se trouvent-ils ?

-   Là, juste en bas de la falaise.

-   C’est étrange… Savez-vous ce qu’ils font là ?

-   Il faut dire que je ne me suis jamais posé la question. Suis-moi, je vais aller voir de plus près.

Abou le fou plongea en piquet et disparut dans les flots.  Ninette, bien qu’en admiration devant un tel plongeon, n’essaya même pas de l’imiter. Elle n’était pas folle…  Abou refit surface au bout de quelques instants. Il secoua ses plumes et s’approcha de Ninette.

-   Alors ? Lui demanda-t-elle en trépignant d’impatience.

-   Je n’en reviens pas ! Jamais je n’y avais prêté attention. Figure-toi qu’ils gardent l’entrée d’une galerie souterraine. Je peux t’affirmer que c’est immense là-dessous ! 

Durant le copieux repas Ninette raconta toute l’histoire à ses nouveaux amis. Sensible au drame qui se nouait sur Aquarius, la colonie proposa son aide. Les fous feraient diversion en attaquant en masse les mérous. Cela devrait permettre à Fantin de pénétrer dans la galerie.

Chapitre 7

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C’est en effet ce qui se passa et Fantin se faufila ni vu, ni connu. Abou avait vu juste. La galerie était immense, un vrai labyrinthe. Il avança lentement pour éviter de se blesser en heurtant les parois rocheuses et se retrouva bientôt dans un boyau sombre et glacial ou une odeur nauséabonde régnait. Si Fantin l’avait senti il aurait peut être compris que Chimène la murène n’était pas loin, mais Fantin n’avait pas d’odorat. Par contre, il possédait un sonar ultra perfectionné qui lui permettait de voir avec les oreilles. Aussi, il l’alluma, continua à avancer et arriva face à un précipice qui plongeait à pic. Fantin eut beau tourner son sonar dans tous les sens, il lui fut impossible de distinguer le fond. C’était sans doute l’Abysse de la haine…

Puis, soudain, le sonar perçut de faibles signaux. Des signaux étranges qui ressemblaient à des cris ou à des gémissements. Ils ne venaient pas de l’abysse. Non, ils venaient de l’intérieur du labyrinthe. Fantin décida de faire demi-tour et se laissa guider par ces appels qui devenaient de plus en plus clairs. Il y avait, quelque part derrière ces rochers, des créatures désespérées. Il nagea tout droit, vira à gauche et emprunta un couloir si bas de plafond qu’il égratigna sa nageoire dorsale. Mais il continua à nager puis s’arrêta et écouta. Les cris venaient de là, juste à côté de lui. Il en était certain ! Pourtant, il n’y avait rien à part quelques coquillages embourbés dans la vase. Fantin tourna sur lui-même, son sonar en alerte. C’est alors qu’il comprit… Les prisonniers ne se trouvaient pas derrière la roche mais sous la vase ! Sans plus attendre il la balaya de sa queue et découvrit une trappe. Il pouvait maintenant entendre distinctement Les appels au secours lancés par les créatures retenues prisonnières. Fantin leur répondit :

-   Ne vous inquiétez pas, je suis Fantin le dauphin, je vais vous sortir de là !

-   Enchanté Fantin ! Je suis Hippo le chef de la troupe des hippocampes de l’Archipel de la paix ! Fais vite s’il te plaît ! 

 

Fantin s’approcha de la trappe. Mais, incrustée à la poignée, une masse rondouillarde percée de nombreux trous empêchait l’ouverture. Il essaya de la faire lâcher prise mais cette chose tenait bon. Découragé, Fantin, annonça la mauvaise nouvelle aux prisonniers.

-   N’y a-t-il rien sur le sol qui pourrait t’aider, lui demanda Hippo. 

Fantin parcourut le sol de ses petits yeux ronds et remarqua la pointe d’un couteau enfoncé dans la vase. Il s’en saisit et s’approcha de la trappe. C’est alors qu’il entendit une petite voix qui venait de la masse rondouillarde l’implorer :

-   Je t’en supplie gentil dauphin, ne me fait pas de mal ! Je m’appelle Suzon et je ne suis qu’une pauvre petite éponge. Je ne peux pas me détacher mais je vais t’aider à faire sortir tes amis. Fais moi confiance et ne me découpe pas en morceaux, s’il te plait !

-   D’accord, répondit Fantin. Alors dis-moi, je t’écoute.

-   Regarde sur ta droite, à trois heures. Tu trouveras Léon le concombre en train de faire sa sieste. Demande lui de venir et s’il ne veut pas, menace le de le découper en rondelle, il viendra…

Chapitre 8

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Fantin trouva effectivement Léon endormi et le réveilla. Léon s’étira de tout son long mais refusa de le suivre. Il détestait être dérangé pendant son sommeil, surtout par un inconnu. Fantin brandit alors le couteau et le menaça de le manger en salade. Le concombre bondit hors de sa brèche et suivit Fantin sans demander son reste. Il écouta attentivement Suzon l’éponge lui expliquer ce qu’elle attendait de lui. Léon se dressa alors tête en bas, son derrière face à la trappe et se mit à cracher par ce dernier une multitude de fils blancs et gluants. Il continua ainsi jusqu’à ce que les fils emmêlés forment une solide corde puis se mit à tirer de toutes ses forces. Soudainement, la trappe céda projetant l’éponge et le concombre dans la vase. Hippo et sa troupe se faufilèrent par le trou béant, tandis que Léon et Suzon retrouvèrent leurs esprits.

-   Garde à vous ! s’écria Hippo. 

Tous les hippocampes se dressèrent alors sur leur queue et, trompes en l’air,  remercièrent Fantin. A cet instant, les voix de Léon et Suzon s’élevèrent :

-   Et nous alors ! Vous n’allez tout de même pas nous laisser comme ça ! Lorsque Chimène comprendra que nous avons participé à votre fuite elle nous dévorera tout cru ! 

Hippo acquiesça et entoura fermement le couteau dans sa queue. D’un coup unique et précis, il sectionna la corde qui reliait toujours Léon à la trappe. Puis, il ordonna à sa troupe :

-   Trompes en position ! 

Chaque hippocampe introduisit sa trompe dans un des trous de l’éponge.

-   Aspiration ! 

Les hippocampes se mirent alors à aspirer de concert jusqu’à ce que Suzon cède et se décolle de la trappe. Léon et Suzon remercièrent les hippocampes et implorèrent Fantin de les emmener avec eux.

-   Mes filaments gluants pourraient vous être d’une grande utilité, dit Léon.

-   Et moi je pourrais cacher les hippocampes dans mes trous et les faire avancer ni vu ni connu, ajouta Suzon.

Fantin accepta avec plaisir.

-   Bon dépêchons nous maintenant, lança alors Hippo. La murène n’est pas loin. Sa puanteur commence à irriter mes naseaux ! 

Hippo donna l’ordre à sa troupe de se mettre en rang. Fantin profita de cet instant pour lui conter brièvement les malheurs d’Aquarius. Compatissant et redevable envers celui qui les avait délivré, Hippo offrit son aide à Fantin.

Chapitre 9

Nos amis étaient sur le point de partir, lorsque tout à coup, celle que tous redoutaient, surgit. Chimène la murène nageait vers eux sa grande gueule puante ouverte prête à mordre. Son long corps ondulait comme un serpent et ses yeux ténébreux lançaient des éclairs. Lorsqu’elle aperçut les hippocampes libres, sa crête épineuse se dressa et passa d’un bleu pourpre à un rouge écarlate. Elle fouetta l’eau de sa queue, releva, tel un cobra, son cou massif puis virevolta vers Fantin. Elle le fixa un instant puis fonça droit sur lui. Il eut juste le temps de coincer la trappe entre ses nageoires que la murène s’était déjà jeté dessus tête la première. Sous le choc, elle s’évanouit et s’affala de tout son poids dans la vase.

-   Partons vite avant qu’elle ne retrouve ses esprits, lança Hippo. Suis-nous jeune dauphin nous connaissons le chemin. 

Fantin et son escorte s’éloignèrent et s’engagèrent dans les profondeurs obscures de l’Abysse de la haine. C’est alors qu’une multitude de petites créatures poilues rose fluorescent, les benthocodons, bondirent des fissures des rochers et interpellèrent nos amis.

-   Que venez-vous faire ici ?

-   Nous sommes à la recherche de Vénus la Reine des sirènes, répondit Fantin.

-   Seriez-vous devenu fous, avez-vous une idée de ce qui vous attend là-dessous ?

-   Non. Mais nous sommes prêt à l’affronter, répondit Hippo.

-  Très bien, vous me semblez honnêtes et déterminés. Nous allons vous aider à descendre dans les profondeurs. N’ayez crainte et faites nous confiance. 

 

Les étranges créatures se mirent alors à tournoyer sur elles-mêmes comme des toupies de plus en plus vite. Bientôt, une gigantesque tornade emporta Fantin et ses compagnons dans son œil à une vitesse vertigineuse.

Chapitre 10

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Lorsqu’ils touchèrent le fond, les benthocodons avaient disparus et un calme plat et inquiétant régnait. Il n’y avait aucun être vivant. Pas le moindre poisson, pas le moindre coquillage, pas même la moindre coquille vide. Ils étaient seuls. Enfin, c’est ce qu’ils croyaient… A leur grande surprise, le fond de l’abysse n’était ni sombre, ni glacial. Une lumière rougeoyante, venant d’on ne sait où, éclairait une végétation rampante aussi luxuriante que menaçante. Le sable était rouge et regorgeait de sources d’eau en ébullition qui jaillissaient par intermittence.

-   Ceux sont les Sources du mal. Ne vous en approchez pas si vous ne voulez pas cuire sur place, leur expliqua Hippo. Et maintenant suivez moi. Vénus est par là-bas. 

Tous étaient sur le point de reprendre leur route lorsque Léon le concombre leur barra le passage et s’exclama :

-   Attendez ! Ecoutez… Est-ce que vous entendez ? 

Intrigués, tous se turent et écoutèrent. A quelques dizaines de mètres, un grondement sourd alternait avec des sons stridents au rythme du sable qui se soulevait et s’abaissait régulièrement. Hippo chargea un de ses soldats d’aller voir de plus près. Ce qu’il vit le glaça d’effroi. Camouflée dans le sable, une affreuse créature plate ronflait. Ses yeux clos, pareil à deux petites verrues, étaient posés sur un large museau enveloppé d’une longue barbe. Et sa gueule à moitié ouverte exposait de longues dents droites et pointues qui grinçaient à chaque expiration.

-   C’est le requin tapis barbu, chuchota le soldat en revenant.

-   Nous ne pourrons pas tous passer sans le réveiller, quelqu’un a-t-il une solution ? demanda Fantin.

-   Oui, moi je peux vous aider, lança Suzon l’éponge. Je peux faire passer les hippocampes en les cachant dans mes trous. Les éponges ne l’intéressent pas. Il ne fera pas attention à moi… 

Quant à Léon il proposa :

-   Je pourrais accrocher Fantin à mes fils et le tirer. S’il n’a pas à remuer ses nageoires, Vulkin ne t’entendra pas. Il ne s’intéressera pas à moi non plus, il préfère la viande fraîche. 

Ces solutions ravirent tout le monde. Les hippocampes se cachèrent donc à l’intérieur de Suzon, Léon harponna Fantin de ses fils gluants et tous, silencieusement, dépassèrent Vulkin le requin sans le réveiller.

Chapitre 11

Ils avançaient lentement mais sûrement en évitant les éclaboussures brûlantes des sources du mal. Bientôt, ils aperçurent Vénus. Elle était recroquevillée sur elle-même, enchainée par la queue avec sa propre ceinture. Le bout s’enfouissait dans le sable comme s’il était aspiré. Ses longs cheveux, d’accoutumé coiffés avec élégance, étaient en bataille et ses étincelantes écailles avaient perdues tout éclat. Lorsqu’elle les vit arriver, elle essaya de se relever mais elle était si faible, qu’elle renonça. Après s’être présenté Fantin l’informa de ses intentions de la délivrer et lui demanda son aide pour combattre les caulerpes afin de sauver le peuple d’Aquarius.

-   Je serais ravie de venir en aide à ton peuple Fantin, répondit Vénus, mais il va falloir que tu défasses le nœud sans endommager ma ceinture. La moindre petite entaille, la moindre déchirure anéantirait son pouvoir magique. J’en ai besoin pour rendre bienveillantes les méchantes caulerpes.

Fantin et tous ses amis examinèrent avec attention le nœud, un nœud extrêmement serré. Tirer sur la ceinture ne dénouerait pas le nœud mais le renforcerait…  Tous réfléchissaient… Mais personne n’avait de solution miracle.

-   Je refuse d’avoir fait tout ce chemin pour me retrouver dans une voie sans issue, proclama Fantin. Je suis sûr qu’il existe une solution !

-   Et si, plus tôt, que de nous acharner à vouloir défaire le nœud, nous commencions par récupérer le bout, proposa Léon.

-   Très bonne idée, lança Hippo. 

 

Aussitôt il se tourna vers sa troupe et ordonna :

-   Queue en position ! 

Et tous les hippocampes se dressèrent sur leur queue face à leur chef.

-   Enroulement ! 

Et tous les hippocampes entourèrent leur queue autour de la ceinture.

-   A mon commandement, tirez ! 

Hippo se joignit à sa troupe et tous se mirent à tirer, encore et encore, sous les encouragements de Fantin, de Léon, de Suzon et de Vénus.

-   Oh hisse ! Oh hisse ! Oh hisse ! 

Petit à petit, et à force de volonté et de ténacité, ils réussirent à extirper la totalité de la ceinture du sol.

-   Et maintenant, dit Suzon, que faisons-nous ? Le nœud est toujours là !

-   Attends je crois que j’ai une idée… répondit Léon.

Il positionna son derrière face à Vénus et, visant le nœud, lança quelques filaments gluants. Il tira alors très doucement. Le nœud se mit à glisser le long de la queue de Vénus jusqu’à atteindre l’étroite extrémité qui se prolongeait en nageoire.

-   Hippo s’il te plait, j’ai besoin de toi ! dit Léon. Vas-y, l’espace est suffisant pour retirer la ceinture de la queue de Vénus.

Hippo s’exécuta et la ceinture se retrouva bientôt étalée de tout son long sur le sable.

-   Bravo Léon ! Bonne initiative ! Sans toi nous n’aurions jamais réussi, lança Hippo.

-   Merci, mais ce n’est pas fini. Le nœud est toujours là, ajouta Fantin.

-   Ce sera très facile maintenant. Il suffit simplement de tourner la ceinture en sens inverse et de… 

Mais Léon ne termina pas sa phrase. Quatre yeux rouges de colère les encerclaient et les fixaient de loin.

Chapitre 12

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-   Dispersion ! hurla Hippo.

Pris de panique les hippocampes déguerpirent sur le champ et Suzon s’enfouit dans le sable entrainant à sa suite Léon. Seuls Hippo et Fantin restèrent sur place, prêts à les affronter. Vulkin et Chimène fonçaient sur eux à vive allure ; lui par la droite, elle par la gauche.

Fantin garda son sang froid et glissa à l’oreille d’Hippo :

-   Occupe-toi du nœud, je vais faire diversion !

Hippo acquiesça de la trompe et plongea droit sur la nageoire de Vénus qui le suppliait de se hâter. Fantin s’éloigna un peu de ses amis puis se tourna à tour de rôle vers Vulkin et vers Chimène en leur criant :

-   Monstrueux requin ! J’ai volé tous tes dollars et je suis le seul à savoir où ils sont cachés !  Et toi affreuse murène ! Enlever la jolie Vénus ne t’aura servi à rien, tu seras toujours aussi laide ! 

Irrité et cloué sur place par tant d’arrogance, Vulkin bougonna dans sa barbe quelques jurons. Quant à Chimène, vexée, elle se mit à frétiller furieusement sur place tout en orientant sa crête épineuse vers Fantin. Personne n’avait jamais osé lui faire un tel affront. Ils ouvrirent tous deux leurs grandes gueules et, dents en avant, se ruèrent sur le brave Fantin. Immobile, il les laissa avancer, avancer encore un peu puis, promptement, fit un puissant bon. Vulkin et Chimène n’eurent d’autre choix que de se percuter de plein fouet et d’entremêler leurs longues dents dans un effroyable crissement strident.

Au même moment, Hippo vint à bout du nœud de la ceinture de Vénus sans aucune anicroche.  Fantin, en coinça le bout dans son museau et se mit à tourner autour de Vulkin et de Chimène. Après plusieurs tours, il tira de toutes ses forces et ligota ses ennemis. Vénus, enfin délivrée, s’éleva sur sa queue et après avoir remercié ses nouveaux amis, s’approcha du requin et de la murène.

-   Je pense que ça devrait être suffisant, tu peux les lâcher maintenant Fantin. 

Fantin hésita, mais faisant confiance à Vénus, il lâcha la ceinture. Aussitôt, elle se desserra, tomba sur le sable et s’enroula sur elle-même.

-   Fais revenir les autres, dit alors Vénus à Hippo, vous n’avez plus rien à craindre dorénavant !

Sans crainte, Vénus approcha alors ses mains du requin tapis barbu et de la murène. Elle les aida à démêler leurs dents puis leur caressa la tête. Chimène gloussa de plaisir, regarda tendrement Vénus et la complimenta sur sa beauté. Quant à Vulkin, il ronronna de satisfaction et laissa Vénus brosser sa barbe à l’aide de ses longs doigts. La douceur et la gentillesse avaient pris le dessus sur leur cruauté et leur méchanceté. Lorsque Fantin et ses amis furent à nouveau tous réunis, Chimène et Vulkin, se confondirent en excuses, regrettèrent le mal qu’ils avaient fait et demandèrent pardon.  Nos amis leur pardonnèrent mais leur firent bien comprendre que cela n’effaçait en rien les actes de cruauté qu’ils avaient commis et toute la souffrance qu’ils avaient causée. Vulkin et Chimène promirent de ne plus jamais faire souffrir quiconque et de réparer, autant que possible, tout le mal qu’ils avaient fait.

Bientôt, il fut temps de quitter l’Abysse de la haine. Vulkin partit le premier et se hâta vers le Golf des sables. Quant à Chimène, elle proposa de les accompagner afin de les guider à travers le labyrinthe jusqu’à la sortie.

Chapitre 13

En chemin, ils croisèrent les benthocodons qui se mirent à virevolter autour d’eux pour fêter cette incroyable victoire. On aurait dit un ballet de soucoupes volantes ! Puis ils s’engouffrèrent au travers du labyrinthe. Une fois arrivé aux abords du rocher des fous de Bassan, Chimène demanda à nos amis de se cacher et de se tenir prêts. Elle rassembla alors ses farouches mérous, les somma de se serrer, de fermer les yeux et de ne pas bouger. Elle fit alors un signe à Vénus qui, se servant de sa ceinture comme d’un lasso, la lança autour des mérous. Ensuite, aidée de tous ses amis, elle tira jusqu’à ce que la magie opère et que les mérous deviennent aussi dociles que pacifiques. Fantin remonta à la surface. Ninette la mouette, qui commençait à s’arracher les plumes tellement elle était inquiète, piailla de joie lorsqu’elle l’aperçut. Fantin lui raconta aussitôt les péripéties que lui et ses nouveaux amis venaient de vivre. Ninette ne tarda pas à les conter à son tour à Abou le fou qui n’en croyait pas ses oreilles. Il plongea dans l’océan pour se rendre compte par lui-même. Ce qu’il vit lui cloua le bec : Un mérou cirait les écailles de Vénus aidé de l’éponge qu’il tenait délicatement dans sa mâchoire tandis que la murène utilisait sa crête épineuse pour coiffer ses cheveux !

Bientôt, Ninette dit au revoir à Abou et à la colonie puis s’envola à la suite de Fantin et de ses nouveaux amis. Lorsqu’ils arrivèrent à la frontière du Golf des sables, Vulkin les attendait. Il les salua avec révérence et les invita à s’engager sur un tapis rouge que les araignées des mers déployaient au fur et à mesure de leur avancée. Dubitatif, Hippo chuchota à l’oreille de Fantin :

-   Tu crois vraiment qu’on peut changer à ce point en si peu de temps ?

-   Je me méfie encore mais je lui laisse une chance de nous le prouver, lui répondit Fantin.

-   N’ayez crainte mes amis, intervint Venus, les pouvoirs magiques de ma ceinture sont irréversibles.

-   Mais les araignées n’y ont pas eu droit, fit remarquer Hippo.

Vulkin qui avait surprit la fin de la discussion répondit :

-   Ayez confiance en moi, les araignées ne sont pas méchantes, elles ne faisaient qu’obéir de peur que je leur tranche les pattes. Ma nouvelle nature les ravie et sachez qu’elles vous sont extrêmement reconnaissantes.

-   Et les méduses ? ajouta Fantin.

-   C’est pareil ! Regarde là-bas, que vois-tu ?

-   Heu… les méduses ? répondit Fantin.

-   Oui, et que font-elles ?

-   Heu… je ne sais pas… Elles ne bougent pas… Elles ne font rien…

-   Exact, elles ne font rien. Mais je dirais plus tôt qu’elles font ce qu’elles ont envie de faire et plus ce que j’ai envie qu’elles fassent.

Fantin plissa son museau l’air septique ce qui ne passa pas inaperçu aux yeux de Vulkin.

-   Je comprends ta méfiance Fantin et je ne peux t’en vouloir. Sois un peu patient et tu verras, je gagnerai ta confiance. Mais pour l’instant je vais te souhaiter un bon voyage de retour et une éclatante victoire sur les caulerpes. Nous arrivons à la limite de mon territoire les amis.

Peiné, Vulkin regarda partir Fantin et ses amis. Il était peut être un requin, mais le requin qu’il était devenu n’avait plus rien à voir avec le requin qu’il avait été. Mais tout au fond de lui, il savait que ses paroles ne suffiraient pas pour gagner leur confiance. Pour la gagner, il devrait leur prouver qu’il en était digne.

Chapitre 14

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L’Archipel de la paix fut bientôt en vue. Ninette dit au revoir à ses amis et regagna l’Ile aux oiseaux ravie de pouvoir montrer à ses congénères qu’elle n’y avait laissé aucune plume. Elle leur raconta comment elle avait, avec l’aide des Fous de bassan, fait diversion chez les mérous pour permettre à Fantin de se s’introduire dans le labyrinthe. Tous furent en admiration et décidèrent de rendre visite incessamment sous peu à ces incroyables oiseaux qui savaient plonger et nager dans l’eau !

Pendant ce temps, nos amis furent accueillis par la brigade des uranoscopes. Ils leur ouvrirent la marche devant les acclamations d’une foule aussi surprise qu’heureuse. Hippo et sa troupe défilaient, trompes dressées et queues enroulées, en rang et au pas. Léon et Suzon les suivaient de très près tentant vainement de les imiter sous les sourires amusés du public. Fantin et Vénus, quant à eux, fermaient la marche en agitant leurs nageoires pour répondre aux « bienvenues » chaleureux que lançait la foule enthousiasmée. La nouvelle du retour de la paix se propagea rapidement dans les récifs mais les habitants étaient perplexes. Devaient-ils considérer cette bonne nouvelle comme la fin de la guerre ou comme une trêve passagère ? Quelle valeur avait la parole d’un requin…

Et puis bientôt nos amis se séparèrent. Hippo envoya sa troupe en permission. Tous les hippocampes rejoignirent leurs familles qu’ils avaient hâte de retrouver. Léon et Suzon se rendirent à l’hôpital de l’Etoile rouge pour saluer la vieille étoile de mer de la part de Fantin. Ils firent ainsi la connaissance de la petite raie qui était à son chevet. Tous sympathisèrent et la petite raie les invita à partager le recoin de sable qu’elle habitait en attendant de trouver un logement plus adéquat. Quant à Fantin et à Vénus, ils se mirent en route pour Aquarius en espérant qu’il ne serait pas trop tard.

Chapitre 15

Lorsque Fantin et Vénus arrivèrent à Aquarius c’est à peine si Fantin reconnu le beau lagon. Les Caulerpes avaient envahi la quasi-totalité d’Aquarius. Certaines, affalées sur le sable, digéraient le plancton entassé dans leurs estomacs, d’autres rampaient à leur poursuite. Le charmant lagon qu’avait quitté Fantin était devenu glauque. Les coraux en éventail s’étaient refermés. Les algues, autrefois si colorées, avaient pâlies et étaient toutes rabougries. L’eau, si limpide et si bleue d’ordinaire, devenait verdâtre et opaque. La famine avait commencé son œuvre et les habitants d’Aquarius avaient perdu énormément de poids. Les langoustes ressemblaient dorénavant à des crevettes quant aux coquilles des bulots, des bigorneaux et des palourdes elles faisaient penser à des chapeaux beaucoup trop grands pour eux. Bientôt, Fantin et Vénus croisèrent un crabe qui s’était pris la pince dans une caulerpe et se débattait avec le peu de force qui lui restait.

-   Sais-tu où je peux trouver notre Présidente ? lui demanda Fantin en le délivrant.

-   Oui, elle est un peu plus loin au nord du lagon.  Je vais t’y conduire.

-   Merci, dit Fantin.

-   C’est moi qui te remercie, insista le crabe, j’aurais été obligé de me trancher la pince pour me libérer si tu n’étais pas intervenu.

Lorsqu’ils arrivèrent, Ségolène était en plein débat avec son état major. Ne souhaitant pas les interrompre, ils restèrent en retrait et écoutèrent…

-   Madame la Présidente, nous devrions arrêter de compter sur ce dauphin pour éradiquer les Caulerpes et agir nous-mêmes, dit l’amiral Narval.

-   Je suis tout à fait d’accord avec l’amiral Narval, acquiesça le lieutenant de vaisseau Cachalot, ce n’est qu’un petit fantassin !

-   Absolument d’accord avec vous lieutenant de vaisseau Cachalot, continua l’amiral Narval, un petit fantassin sans expérience.

Ségolène se mit alors très en colère et s’exclama :

-   C’est assez Messieurs ! Ce jeune dauphin n‘est peut être qu’un simple fantassin sans expérience mais, si ma mémoire est bonne, lui seul se porta volontaire pour assurer cette périlleuse mission.

Honteux, l’amiral Narval et le lieutenant Cachalot cherchèrent à éviter le regard de Ségolène. C’est à cet instant, qu’ils les aperçurent !

-   Fantin ! Quelle joie de te revoir sain et sauf ! lui lança l’amiral Narval en arborant un sourire mielleux.

-   Fantin ! Tu as donc réussi ? J’en étais sûr ! ajouta le lieutenant Cachalot en lui caressant le melon hypocritement.

-   Bonjour Messieurs mais excusez moi, Madame la Présidente m’attend. Fantin et le crabe, galants, laissèrent passer Vénus devant eux et plantèrent sur place l’amiral et le lieutenant de vaisseau.

-   Madame la Présidente, je suis ravie de vous présenter Vénus, la Reine des Sirènes. Vénus et Ségolène se saluèrent.

Puis, ignorant totalement l’amiral et le lieutenant de vaisseau qui essayaient de se mêler à la conversation, Fantin, le crabe, Vénus et Ségolène mirent au point un plan qui leur permettrait d’anéantir les caulerpes.

Le plan savamment étudié fut mis en application immédiatement. Afin de distraire les Caulerpes, Vénus entonna son plus mélodieux chant, Fantin les entoura de la ceinture magique sans se faire remarquer et le crabe, grâce à l’habileté de ses pinces, forma un nœud coulissant. Au signal de Ségolène, l’amiral Narval et le lieutenant de vaisseau Cachalot n’avaient plus qu’à tirer de toutes leurs forces.

Chapitre 16

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Tout rentra bientôt dans l’ordre à Aquarius. Les Caulerpes se confondirent en excuses et décidèrent ne plus vivre pour manger mais de manger pour vivre. Elles quittèrent le lagon après avoir fêté la fin de leur occupation autour d’un cocktail de plancton partagé avec les habitants d’Aquarius. Vénus ne tarda pas non plus à partir. Un long voyage l’attendait et elle avait hâte de retrouver son Royaume qui lui avait tant manqué.

Peu de temps après, le peuple de l’Archipel de la paix virent approcher Vulkin qui, bien décidé à se racheter, avançait suivi de sa bande de kamikazes en arborant un drapeau blanc. Les poissons pilotes firent un lâché de dollars des sables qui reprirent leur place initiale. Quant aux poulpes, elles proposèrent d’aider à la reconstruction des habitations qu’elles avaient ravagées.  Elles travaillèrent à tour de bras, jour et nuit, jusqu’à ce que tous les habitants retrouvent un habitat décent. Avant de repartir, Vulkin renouvela ses plus plates excuses et s’engagea à ne plus jamais compromettre la paix qui régnait dans l’archipel. Les habitants acceptèrent ses excuses et saluèrent son attitude. La vie reprit son cours dans l’archipel de la paix mais tous restèrent vigilants. Vulkin était et resterait un requin…

Chimène la murène quitta définitivement l’Abysse de la haine déterminée à se rendre utile. Elle n’attaqua plus aucun être vivant et, pour se nourrir, se contenta de poissons qui avaient déjà rendu l’âme. Malheureusement, son haleine nauséabonde empira et, au lieu de l’écouter clamer haut et fort que la paix n’avait pas de prix et que la guerre était une folie, ceux qu’elle rencontrait fuyaient en se bouchant les narines. Et puis, un jour, elle rencontra des petites crevettes qui lui apportèrent leur aide. Régulièrement, elles pénétraient dans sa large bouche et lui brossaient les dents. Chimène retrouva ainsi, très vite, une haleine fraîche et ne fit plus jamais fuir son auditoire.

Sur Aquarius, il y eut du remue-ménage au sein de l’état major. Le lieutenant de vaisseau Cachalot fut rétrogradé et se retrouva à la circulation sous les ordres des uranoscopes ; quant au général Narval, il démissionna de ses fonctions. Ségolène organisa alors un référendum afin de consulter les habitants d’Aquarius sur le nouveau général qu’ils souhaitaient voir à ses côtés. Les habitants votèrent en masse et élurent Fantin. Ségolène laissa alors le soin à son nouveau Général, en qui elle avait toute confiance, de nommer son lieutenant de vaisseau. Fantin pensa immédiatement à son ami Hippo et lui proposa de le rejoindre. Enchanté et honoré, Hippo accepta sans hésiter et fut muté sur Aquarius. Il parait même qu’une statue fut érigée en hommage au courage de Fantin…   

Penses-tu que cette photo prise par mon amie Marie au cours d’une randonnée dans les Pyrénées tout près de Font Romeu est celle de la statue de Fantin ? Et si c’est le cas, cela veut-il dire que cette histoire s’est effectivement déroulée, un jour, quelque part sur notre bonne vieille Terre…

 

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FIN

Par Marjolaine Marchal, août 08©

 

 

L’incroyable destin de Sapic et de Châtaigne

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Il était une fois, deux grandes familles d’arbres qui vivaient dans la forêt des arbres qui parlent. La famille des Feuillus et la famille des Conifères.

Les Feuillus étaient fiers des jolies feuilles qui les habillaient mais regrettaient de les toutes voir tomber en automne et de se retrouver tout nus.

Les Conifères, quant à eux, étaient fiers de leurs fines aiguilles qui, quelque soit la saison, persistaient noblement. Mais ils avaient également un regret. Celui de ne pouvoir porter autre chose que du vert.

Ces deux familles se jalousaient et se vouaient une haine ardente depuis de très, très nombreuses années. Cette haine était si profondément enracinée avait fait de ces deux familles, deux familles ennemies.

Chez les Conifères poussait un jeune sapin nommé Sapic. Sapic était très joueur et très taquin. Il adorait faire des batailles de pommes de pin avec son meilleur ami, le jeune pin Sylvestre. Sylvestre avec son fût élancé et son houppier bien coiffé était très impulsif et démarrait toujours au quart de tour. Sapic le savait et adorait l’embêter en le décoiffant ou en le piquant avec ses aiguilles.

Chez les Feuillus vivait une ravissante jeune pousse qui se nommait Châtaigne. Châtaigne était sur le point d’épouser le Conte du chêne-liège. Elle qui rêvait d’un mariage d’amour, devrait se contenter d’un mariage arrangé. Chez les Feuillus la tradition ancestrale était plus importante que l’amour…

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Aussi par une belle soirée d’automne, les Feuillus organisèrent un bal masqué pour fêter les fiançailles de Châtaigne et du Conte du chêne-Liège.  Le Conte du chêne-liège, avec ses 250 ans révolus, était très vieux. Son écorce grisonnante craquelait de toute part et découvrait de profondes rides. Ses vieilles paupières peinaient à rester ouvertes et tombaient sur ses yeux ternes et fatigués. Mais le Conte du chêne-liège était un arbre distingué qui avait, toute sa vie durant, récolté maintes et maintes feuilles d’or pour sa sagesse et sa robustesse. Il n’en fallait pas plus pour combler les Feuillus.

Sapic et Sylvestre qui eurent vent de la fête décidèrent de s’y rendre sans y avoir été invité. Ils espéraient ainsi espionner leurs ennemis et ramener quelques anecdotes croustillantes sur les Feuillus. Ils collèrent quelques feuilles sur leurs aiguilles à l’aide de résine et mirent un masque. Il serait impossible aux Feuillus de s’apercevoir de la supercherie, pensaient-ils.

La fête battait son plein lorsque Sapic et Sylvestre aperçurent Châtaigne aux bras du Conte du chêne-liège.  Sylvestre lança un « non mais t’as vu on dirait la Belle et la Bête ! » tandis que Sapic, médusé devant tant de beauté, leva son masque l’espace d’une seconde pour s’assurer qu’il ne rêvait pas. L’inattention des deux amis, leur fut fatale. Le Conte du chêne-liège, malgré son âge avancé, avait encore l’ouïe fine et une vue suffisante…

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A SUIVRE …

Par Marjolaine Marchal
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Un petit ogre pas comme les autres

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Chapitre 1 

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Il était une fois un ogre, une ogresse et un petit ogre qui vivaient sur la côte de l’océan des Sortilèges. Ils habitaient un château juché sur une falaise abrupte.

L’ogre était laid et son haleine fétide repoussait toutes les mouettes qui s’aventuraient à survoler le château. Il était également cruel et raffolait de la chair fraîche de petits enfants. L’océan des Sortilèges, généralement, en foisonnait. En effet, nombreux étaient les enfants qui le traversaient pour rejoindre l’Ile des enfants qui ne veulent pas grandir.

L’ogresse était laide, méchante et tout aussi cruelle que son affreux mari. Elle surveillait les enfants retenus prisonniers dans les oubliettes du château et les engraissait jusqu’au jour où ils étaient suffisamment gras pour satisfaire son époux.

Le petit ogre n’avait rien à voir avec ses parents. Il était gentil, bon, obéissant et très beau. Mais il se sentait bien seul car il n’avait aucun ami. Qui aurait voulu se nouer d’amitié avec un petit ogre dont les parents étaient haïs et craints de tous ? De plus, le petit ogre était si grassouillet que tous se moquaient de lui. Cela le rendait très triste. Et plus il était triste, plus il mangeait et plus il mangeait, plus il grossissait.

Un terrible secret planait sur cette famille. L’ogresse ne pouvait pas avoir d’enfant. Elle l’avait recueilli le jour où son époux avait mangé ses vrais parents ! Mais le petit ogre n’était qu’un bébé à l’époque et ne se souvenait de rien.               

A l’heure où je vous parle, cela faisait plusieurs semaines que les oubliettes du château étaient vides. L’ogre affamé n’en dormait plus et passait toute ses nuits à surveiller l’océan des Sortilèges. Il commençait à désespérer lorsqu’il aperçu à l’horizon une petite silhouette qui naviguait sur un coquillage géant. Sans plus attendre, l’ogre descendit sur la plage et se rua sur son radeau qu’il avait baptisé, non sans raison, le radodos :

- Réveillez-vous bande de fainéants ! Nous avons du travail ! cria-t-il à l’attelage d’hippocampes enchainés aux os du radeau.

Les hippocampes se dressèrent sur leur queue et, crinières au vent, commencèrent à nager sous les coups de fouet de l’ogre. Bientôt, il se lança à l’abordage du coquillage géant. Il n’eut aucune pitié pour la pauvre petite fille terrorisée. L’ogre la ligota sur son radodos et, ignorant ses cris, regagna le château. 

- Tiens ogresse, de la chair fraîche à engraisser ! lança-t-il victorieusement à son épouse.

- Eh bien, elle n’est pas prête à passer à la casserole celle-là. N’aurais-tu pas pu en trouver une un peu plus grasse… lui répondit-elle en attrapant la petite fille terrorisée avant de la traîner et de l’enfermer dans les oubliettes.

.

Chapitre 2

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 Le lendemain, l’ogresse réveilla le petit ogre aux aurores.

- Réveille-toi fainéant et va me chercher des friandises ! La pêche a été bonne cette nuit et ton père a faim ! Allez, remue tes bourrelets et dépêche-toi !

Obéissant, le petit ogre se leva, s’habilla et prit sa hotte. Un long voyage l’attendait.

Le petit ogre contourna la falaise, descendit sur la plage et marcha, marcha, marcha… Il traversa de nombreuses plages toutes plus belles les unes que les autres. Sur l’une d’elle les grains de sable ressemblaient à de la poussière d’or et formaient, de part et d’autres, de petits châteaux habités par de minuscules crabes. Pinces au vent, ils pavoisaient au soleil et disparaissaient promptement à son approche. Il marcha ainsi plusieurs jours d’affilé et arriva, épuisé, sur la plage des douceurs.

La plage, jonchée de guimauves, de sucres d’orge, de caramels et autres bonbons acidulés, était saupoudrée de sucre glace léché par une écume de barba papa. Le petit ogre se régala et, une fois rassasié, rempli sa hotte à ras bord et entreprit de regagner le château. Mais il faisait chaud, très chaud et le petit ogre peinait énormément. Bientôt, il s’arrêta pour se reposer. Il se rapprocha du rivage, s’assit sur le sable humide et laissa l’écume tiède masser ses bourrelets. Fixant l’horizon, il pensa à la fillette. Il trouvait terrible le sort qui lui était réservé… mais que pouvait-il faire ?

Soudain, il entendit un chant si mélodieux qu’il ferma les yeux et se laissa bercer au rythme des vaguelettes. Puis, sa curiosité l’emporta et il ouvrit les yeux. C’est là que le petit ogre la vit !

Assise sur un rocher, une magnifique sirène chantait. Ses longs cheveux roux ondulaient au gré de la brise et effleuraient ses épaules dénudées. Ses yeux verts assortis à ses écailles d’émeraude étincelaient et sa poitrine naissante, comme deux petits soleils, suggéraient une féminité sur le point d’éclore. Elle sourit au petit ogre et lui dit :

-  Bonjour, je m’appelle Crystal.

-  Heu… bonjour Crystal, moi c’est… heu… le petit ogre…

Crystal  se mit à rire et répondit :

-  Petit ogre ?! Mais ce n’est pas un nom ça ! Et que fais-tu par ici petit ogre ?

-  Je ramène des friandises à mes parents.

-  Eh bien, ta famille doit être sacrément gourmande…

Le petit ogre lui raconta alors ce que vous savez. Au fur et à mesure de son récit, le teint de Crystal devenait blafard. Et soudain, d’un bond, elle se leva sur sa queue et s’écria :

-  Comment toi qui as l’air si gentil peux-tu accepter cette horreur ?

-  Heu … Je ne sais pas, ça me semble normal…

-  Et bien moi je connais une murène, une affreuse murène tapie au fond de l’océan des Sortilèges. Et sais-tu de quoi elle raffole ?

Le petit ogre secoua la tête en signe de négation et Crystal d’un air grave continua :

-  Elle raffole de petits ogres bien grassouillets… Et moi je chasse les petits ogres bien grassouillets !

Crystal plongea alors brusquement dans la mer. Lorsqu’elle réapparu, tout aussi brusquement, ses bras étaient tendus vers le petit ogre, et au bout de ses doigts, ses ongles affutés s’agitaient. Le petit ogre poussa un cri et tenta de fuir mais il se prit les pieds dans ses bourrelets et tomba tête la première dans le sable.

Crystal éclata de rire.

-  Je t’ai bien eu, n’est-ce pas !

-  Ca ne me fait pas rire du tout, répondit le petit ogre vexé

-  Et moi je suis sûre que la fillette enfermée là-bas ne rit pas non plus…

Le petit ogre réfléchit quelques instants et dit :

-  Mais que puis-je faire ? Je ne peux pas désobéir à mes parents…

-  C’est vrai, ce n’est pas bien de désobéir mais ce n’est pas bien d’obéir bêtement sans réfléchir aux conséquences.

Le petit ogre réfléchit à nouveau et, honteux,  ajouta :

- Tu as raison Crystal. Que dois-je faire alors ?

-  Pour commencer tu vas faire un peu d’exercice et arrêter de manger ces cochonneries. Si tu veux affronter tes parents tu dois être en pleine forme et vigoureux.

Le petit ogre acquiesça et Crystal plongea dans l’océan. Lorsqu’elle refit surface, elle tenait un beau poisson.           

-  Voilà dorénavant ce que tu mangeras à chaque repas. Tu verras c’est très bon et c’est très sain.

-  Mais je n’aime pas le poisson, ronchonna le petit ogre.

-  Goûte avant de dire que tu n’aimes pas s’il te plaît.

Et le petit ogre goûta. Ca ne valait pas un délicieux bonbon mais puisque c’était bon pour sa forme, il mangea.

-  Maintenant petit ogre nous allons jouer au ballon. Tu verras c’est très amusant et ça va faire fondre tes bourrelets.

Le petit ogre acquiesça et Crystal plongea dans l’océan. Lorsqu’elle refit surface, un beau ballon rond jaillit à ses côtés. Crystal expliqua les règles du jeu au petit ogre. C’était simple, il suffisait de marquer le plus de buts possibles.

.

Chapitre 3

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Au début, Crystal marqua tous les buts. Le petit ogre était bien trop lourd et pas suffisamment agile pour arrêter ses coups de queues précis et gracieux. Elle lui disait qu’il ferait mieux la prochaine fois mais le petit ogre, découragé, se laissait tomber sur le sable en disant qu’il n’y arriverait jamais.

Ensuite, Crystal laissa le petit ogre gagner de temps en temps. Lorsqu’il marquait un but elle frétillait de la queue. Qu’est-ce qu’il était heureux en ces moments là même s’il savait que son amie le laissait gagner.

A la fin, le petit ogre marquait un but à chaque ballon lancé. Crystal, épatée, l’applaudissait des nageoires sans retenue. Le petit ogre était fier et il avait de quoi. L’exercice et sa cure de poisson lui avait fait grand bien. Tous ses bourrelets avaient fondu. Il était maintenant prêt pour affronter ses cruels parents et pour délivrer leur prisonnière.            

Le lendemain, après avoir vidé sa hotte, le petit ogre et Crystal se mirent en route. Ils arrivèrent au château tard dans la nuit. Crystal délia les liens retenant les hippocampes au radodos et leur chuchota ce qu’elle attendait d’eux. Ensuite, elle plongea et nagea jusqu’au coquillage géant qui flottait toujours sur l’océan.

Le petit ogre, quant à lui, rentra dans le château sans faire de bruit. Arrivé à la cuisine, il aperçut son père affalé dans son fauteuil en train de ronfler. A pas de loups, il se dirigea vers les oubliettes. Mais soudain l’ogre se réveilla en sursaut. Le petit ogre se précipita sous la table et resta immobile.  

-  Ogresse ! Va me chercher la fillette, j’ai trop faim, je ne peux plus attendre !

L’ogresse rentra dans la cuisine, passa devant la table et rejoignit son mari. Elle posa ses mains sur ses larges épaules et tout en le massant lui dit :

-  Mais chéri, elle est si chétive qu’elle ne te fera même pas une bouchée. Sois patient, ton fils ne devrait plus tarder à revenir.

-  Mon fils ! ? Ce gros tas de graisse que tu m’as obligé à recueillir après avoir mangé ses parents ! Oh Et puis j’en ai marre de ce petit ogre. Il serait beaucoup plus utile dans mon assiette que dans tes jupons. Dis-moi franchement ogresse, n’ai-je pas raison ?

L’ogresse, un sourire malveillant aux lèvres, acquiesça tandis qu’une grosse larme coula sur la joue du petit ogre toujours caché.

-  Tu as raison, ce petit ogre est un fardeau. A part, rapporter des friandises, il n’est bon à rien.

L’ogresse se rapprocha de son époux, s’avachit sur ses genoux et continua :

-   Si à son retour je te le prépare en civet, m’offriras-tu une nouvelle robe ?

L’ogre sourit et acquiesça.

-   En attendant, pourquoi ne vas-tu pas faire un tour sur ton radodos. J’ai cru voir quelque chose sur l’océan.

-   J’espère que tu as raison ! Mais si je reviens bredouille, je mangerai la fillette qu’elle soit grasse ou non ! Prépare-la moi au cas où.

Chapitre 4

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L’ogre se leva et descendit sur la plage réveiller les hippocampes.

-   Debout bande de fainéants !

Les hippocampes se dressèrent sur leur queue et, crinières au vent, se mirent à nager. L’ogre scruta l’horizon et remarqua une fillette qui naviguait sur un coquillage géant.

-   Plus vite bande de paresseux ! hurla l’ogre en faisant claquer son fouet.

Le coquillage n’était maintenant plus qu’à une dizaine de mètres du radodos. L’ogre pouvait maintenant voir celle qu’il avait prit pour une fillette. Mais il était trop tard. Crystal s’éleva sur sa queue et commanda aux hippocampes :

-  Allez-y ! Maintenant !

Les hippocampes se dégagèrent alors de leurs liens et se regroupèrent à tribord du radodos. Ils se placèrent les uns sur les autres pour former une chaîne verticale. Puis, tous ensemble, ils poussèrent le radodos jusqu’à ce qu’il chavire.  L’ogre, sans comprendre ce qui lui arrivait, tomba à l’eau. Il essaya de se raccrocher à un hippocampe mais ce dernier lui assena des coups de trompe. L’ogre lâcha prise et se débattit quelques instants. Mais il ne savait pas nager et bientôt, à bout de souffle, il coula comme une masse au fond de l’océan des Sortilèges.                 

Pendant ce temps, l’ogresse avait remonté la petite prisonnière dans la cuisine. Toujours cachée sous la table, le petit ogre la vit allumer le four et mettre la table. L’enfant tremblante n’avait plus de force. Prostrée dans un coin, elle suppliait l’ogresse de la laisser partir. Mais l’ogresse n’en avait que faire et tout en aiguisant le couteau préféré de son époux, s’esclaffa :

-  Aurais-tu peur ? Il fallait y penser avant jeune fille. Si tu avais accepté de grandir, tu n’en serais pas là. Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même.

L’ogresse se dirigea alors en agitant le couteau vers la fillette qui criait.

-  Tais-toi où je te découpe en morceau.

Mais la fillette, terrorisée, ne pouvait se taire et continuait à hurler.

-  Tanpis pour toi, tu l’auras voulu !

Hors d’elle, l’ogresse s’avança en brandissant le couteau et passa près de la table. Le petit ogre allongea alors une jambe.  L’ogresse buta dans sa cuisse musclée, perdit l’équilibre, tomba en avant et c’est dans un effroyable cri de douleur qu’elle s’empala sur son grand couteau.                 

Lorsque Crystal regagna la plage, le petit ogre et la fillette l’attendaient. Ils firent un grand feu pour faire griller les beaux poissons que les hippocampes avaient rapportés. Ils se régalèrent et discutèrent longuement. Le petit ogre se demandait ce qu’il allait devenir. Continuer à habiter le château ne l’enchantait guère. Quant à la fillette elle n’avait plus envie de se rendre sur l’Ile des enfants qui ne veulent pas grandir et regrettait d’avoir abandonné ses parents. Cette effrayante aventure lui avait sans doute servi de leçon.

Je ne sais pas exactement ce qui arriva à nos amis après cette nuit. Mais j’ai entendu dire qu’une jeune fille et qu’un jeune garçon avait été vu chevauchant des hippocampes sur l’océan des Sortilèges. Ils tournaient le dos à l’Ile des enfants qui ne veulent pas grandir et se dirigeaient vers une contrée inconnue. Il parait même qu’une sirène leur souhaitait bonne chance et bon retour en agitant sa queue. Pensez-vous qu’il s’agissait de Crystal, de la fillette et du petit ogre ?

FIN

Par Marjolaine Marchal, juillet 2008©

 

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