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Les trois arbres et la lune

 

 

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Il était une fois, trois jeunes arbres qui poussaient au cœur de la forêt des arbres qui parlent.

Le premier s’appelait Boubakeur. C’était un saule dont les branches tombantes étaient recouvertes de feuilles ravissantes. Boubakeur était l’un des plus beaux arbres de la forêt. Pourtant, il était très triste et passait son temps à pleurer en rêvant qu’un jour il serait heureux. Boubakeur était un saule pleureur inconsolable.

Le second, Amédé, était un chêne dont les branches musclées faisaient toute sa fierté. Amédé était très fort. Pourtant, il était également très triste. Lui qui ne pouvait pas bouger du sol aurait tant aimé  parcourir le monde. Amédé était un chêne enchainé à ses propres racines.

Le troisième se nommait Dirapa. C’était un figuier très sage avec un cœur gros comme un essaim d’abeilles. Il passait son temps à partager ses figues avec Boubakeur et Amédé. Dirapa était très généreux. Pourtant, lui aussi était très triste. En effet, Dirapa était le seul arbre de la forêt des arbres qui parlent à ne pouvoir parler. Dirapa n’avait pas de bouche.

~

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Par une belle nuit scintillante, la lune réveilla le saule pleureur en déposant de la poussière d’étoiles sur ses paupières fermées.

- Bonjour Boubakeur. C’est moi Madame la Lune. Tu peux me demander ce que tu veux.

- Bonjour Madame la Lune. Je voudrais arrêter de pleurer et être heureux, répondit le saule la larme à l’œil.

- Très bien. Je ferai de toi le plus heureux des arbres. Mais à une condition et une seule ; que tu me donnes tes magnifiques feuilles.

Boubakeur refusa de sacrifier sa beauté et la lune, déçue, disparut derrière un nuage blanc qui devint gris comme le plomb. 

La nuit suivante, la lune réveilla le chêne.

- Bonjour Amédé. C’est moi Madame la Lune. Tu peux me demander ce que tu veux.

- Bonjour Madame la Lune. Je voudrais parcourir le monde, répondit Amédé s’imaginant déjà grimper sur les montagnes.

- Très bien. Je transformerai tes racines en jambes. Mais à une condition et une seule ; que tu me donnes ta force.

Amédé refusa et la lune, déçue, disparut derrière un nuage gris qui devint aussi noir que du charbon.

Très en colère, la lune convoqua immédiatement le vent et les nuages et leur dit :

- Ces arbres refusent de vivre leur rêve car ils n’ont toujours pas appris que pour recevoir, il faut savoir donner ! Je veux que vous donniez une leçon à ces arbres égoïstes !

Aussitôt, la tempête se déchaîna.

Une pluie battante se mit à tomber sur Boubakeur et noya ses feuilles et ses branches. Quant au vent, il se déchaîna sur Amédé. Il le déracina et le coucha à terre.  Dirapa ne fut pas touché par la tempête mais le désespoir de ses amis le toucha profondément. Il aurait tant voulu les aider, les consoler et leur dire à quel point il les aimait.

Quelque temps passa et, une nuit, la lune remarqua le jeune figuier. 

- Bonjour Dirapa. C’est moi la Madame Lune. Tu peux me demander ce que tu veux.

En guise de réponse Dirapa tourna son regard vers ses deux amis mais la lune n’y prêta pas attention.

- Ne veux-tu donc rien ? ajouta-t-elle.

Dirapa secoua vigoureusement ses branches de gauche à droite et quelques figues tombèrent. Etonnée, la lune en ramassa une et la mangea.

- Merci beaucoup généreux figuier. Tes fruits sont délicieux.

Dirapa tourna alors, une fois encore, ses yeux tristes vers ses deux amis sous le regard compatissant de la lune.

- Tu es un arbre sage et bon. Grâce à toi je viens de comprendre qu’au-delà de donner pour recevoir on peut également donner sans rien attendre en retour.

La lune s’empressa auprès de Boubakeur qui pataugeait dans une mare de larmes. Elle y versa de la poussière d’étoiles. Si tôt fait, la mare se tarit et Boubakeur retrouva branches et feuilles.

- Veux-tu toujours trouver le bonheur Boubakeur ?

- Oui, s’il vous plaît Madame la Lune.

- Je ne sais pas si tu seras le plus heureux des arbres mais tu seras un arbre heureux.

La lune saupoudra de poussière d’étoiles le feuillage du saule pleureur. Boubakeur secoua alors énergiquement ses branches pour faire tomber ses feuilles et les donner à la lune.

- Non, non, arrête ! Je ne te demande rien en échange, lui lança-t-elle.

La lune rejoignit ensuite Amédé qui gisait au sol les racines à l’air et le recouvrit de poussière d’étoiles. Si tôt fait, le chêne sentit sa force parcourir sa sève et se releva.

- Veux-tu toujours parcourir le monde Amédé ?

- Non merci Madame la Lune. J’ai réalisé que je tiens beaucoup trop à mes racines et à mes amis. Pour rien au monde je ne voudrais les quitter.

- Tu ne veux donc rien ?

- Si. Je souhaiterais que vous donniez la parole à notre ami Dirapa.

La lune lança alors de la poussière d’étoiles sur l’écorce du figuier. Si tôt fait, l’écorce se craquela dans le sens de la largeur et une bouche se dessina et s’ouvrit.

C’est ainsi que Dirapa prononça son premier mot. Ce mot était « merci ». Un merci venant du fond du cœur qu’il adressa à ses amis pour leur amitié et la lune pour sa bonté.

Une brise se mit alors à souffler sur la forêt des arbres qui parlent. A chaque feuille frôlée, une note de musique tombait sur le sol. Une fanfare de notes se mit alors à défiler à la queue leu leu, une clé de sol en tête. Tous les arbres se donnèrent les branches et, en chœur avec les nuages et la Lune, chantèrent :

« Si tu veux donner

N’attends rien en retour

Si tu veux donner

Donne et puis c’est tout… »

(Sur l’air de 1 km à pied…)

FIN

Par Marjolaine Marchal, février 2003©

 


 

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